Attention, post formellement déconseillé aux âmes sensibles, particulièrement en cas de digestion difficile sur foie malmenée par des abus réveillonesques .…
Avez-vous remarqué ?
Depuis quelques jours, elle est revenue…
La phrase qui tue.
"Bonne année et bonne santé, la santé surtout. C'est le plus important, hein"
La phrase sincère, aux termes choisis, pas du tout convenue, pas du tout attendue, prononcée et entendue dans l’amour du prochain le plus parfait…
Certes, chers amis, je sais à quel point il est difficile d’être original dans ce genre de circonstances. Et aussi, que la santé est la condition sine qua non d’une vie convenable. Je me fends personnellement d’un sobre « Meilleurs vœux » accompagné d’un sourire, qui ne m’engage pas à grand-chose et permet à mon interlocuteur de choisir lui-même sur quel élément de sa vie il est nécessaire que se portent ces vœux.
Mais cette phrase, en 2 jours de labeur au sein de notre glorieuse administration, j'ai dû l'entendre, au bas mot 50 fois, dite à moi, dite à d'autres, et SURTOUT dite au téléphone à ses interlocuteurs par ma collègue la plus proche.
Au secours.
Je déteste les 15 premiers jours de janvier.
En général, je m'arrange pour ne pas trop errer dans les couloirs... Mais la nature a tout de même quelques exigences... Sans parler des réunions et autres joyeusetés de la vie de bureau.
Il s'avère que j'ai beaucoup de mal à être hypocrite. En général, je porte mes dégoûts et mes antipathies peints sur le visage.
Alors l'idée de devoir bisouiller 2 voire 4 fois les joues de personnes dont la plupart me sont au mieux indifférentes me dégoûte un peu.
Et puis, le mail fatal est arrivé cet après-midi.
" M. le Grand Manitou Supérieur vous invite à la cérémonie (sic) des vœux, mardi 13 à 16H".
Arghhhh
LES VŒUX DU DIRECTEUR
Speechs aussi inintéressants qu'obligatoires, (Heureusement brefs, le Directeur n'aime pas les vœux non plus).
Verres de cocktail de jus de fruits. (Je travaille dans un " groupe " où le Règlement Intérieur interdit " l'introduction de boissons alcoolisées dans les locaux du service ") (On sait rire dans la Fonction Publique Française !!)
Petits fours et hypocrisie.
Bonne année, bonne santé léchons-nous le museau, y'a d'la joie.
Je n'aime pas embrasser les gens que je connais à peine. Surtout ceux qui EN PLUS vous tiennent l'épaule. (Comme ça, tu ne peux plus te sauver hinhinhin)
Mais il y a pire.
Il y a quelques années, j'avais un collègue.
En fait, un adjoint.
Qui puait.
D'ailleurs, en famille, nous le surnommions, " Le puant ".
Et croyez-moi, il y avait de quoi.
Précaution oratoire : Tout ce qui va suivre est RIGOUREUSEMENT EXACT. Je n'ai exagéré aucune réalité pour vous amuser (ou vous dégoûter). C'est la vérité pure, mes collègues et moi-même avons beaucoup souffert. Sans rire.
Or donc, ce monsieur, appelons-le Pedro, ne se lavait JAMAIS. S'était-il déjà lavé dans sa vie, j'en doute. Imaginez un petit homme très très maigre, très laid (Il n'y était pour rien, mais en plus il ressemblait à un rat, le pauvre), la bouche pleine de moignons de dents noires, le visage blanc, avec 2 furoncles, dont un dans le cou qui éclatait régulièrement. (La seule peur de sa voisine de bureau était que la chose éclate au travail). Etant donné les endroits où il se grattait, d'autres furoncles devaient parsemer son anatomie à des endroits stratégiques (Oui, à cet endroit là, oui).
Il avait 2 costumes, datant des années 70, vu l'allure du col et la largeur des bas de pantalons. Un gris foncé, un gris clair. Des pulls de la même époque, et les chemises assorties. Le tout devait être rarement lavé, et nous faisait vérifier de visu la véracité d'une expression : " Jaune devant, marron derrière ". En plus, il augmentait régulièrement le trou de la couche d'ozone.... C'était atroce.
Nous avons tout, absolument TOUT essayé pour essayer de lui faire découvrir les joies pures de l’hygiène et du savon, sans parler du déodorant…
Mais pourquoi je vous parle de Pedro alors que j'en étais aux vœux de bonne année ?
Parce que tous les ans, il fallait y passer.
La bise.
C'était une hantise pour toutes. Les collègues masculins rigolaient. Les joues collaient. On était dangereusement proche du furoncle.
Les stratégies d'évitement ne fonctionnaient pas, Si tu y échappais un jour, tu n'y échapperai pas le lendemain.
D'où, le 2 janvier, présence obligatoire dans mon sac d’un kit d’hygiène de base en milieu hostile (serviette, gant, savon, crème…). « Bonne année, Pedro ».. et hop aux toilettes pour un récurage complet. (Pour le serrement de mains journalier, les boites de lingettes pour bébé sont très efficaces aussi).
C'est sans doute à cause de lui que je n'aime pas les vœux.
Je ne peux pas m'empêcher de me demander.
Et celui-là, il s'est lavé ?
Très bientôt dans ce blog, des lectures passionnantes, des bonnes résolutions et les résultats d’un dur labeur anti-dépression hivernale
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